On n'demande qu'à en rire vous a révélé en septembre 2010. Vous continuez toujours l'émission ?
Tant qu'elle veut bien de moi, que j'ai ma place et que je fais rire ! Il est évident que le jour où je n'amuserai plus le public du Moulin-Rouge, le jour où je ne m'amuserai plus moi-même, j'arrêterai parce que ça n'aurait alors aucun sens. Là où je suis, c'est la meilleure place. Je fais une émission qui est formidable. Quand je fais rire les gens, quand ils veulent voir un spectacle, ils se disent : "Lui, je l'ai vu, il a fait un sketch, il était drôle, j'vais venir le voir." Il n'y a pas de meilleure promo pour déplacer les gens que cette émission. Mon objectif c'est de transformer un téléspectateur en spectateur et pour l'instant ça marche puisque les salles sont pleines.
C'était donc le tremplin parfait ?
Je crois que j'ai le meilleur de la télé. Cette émission a un tout petit côté de Nouvelle Star c'est-à -dire que vous êtes exposé pendant quelques semaines. Sauf que moi, ça fait plus d'un an, c'est comme si Julien Doré avait chanté 67 fois ! C'est vrai que c'est inimaginable comme tremplin.
Comment avez-vous entamé votre carrière d'humoriste ? Vous avez pris des cours au studio Pygmalion ?
C'est un studio de training un peu à l'Actor's Studio qui m'a permis d'avoir des clés de comédien et un travail de l'intérieur. On s'exerce beaucoup sur les émotions. J'ai fait ça pendant un an. Je suis quand même assez autodidacte parce que je crois que dans le one-man-show il n'y a pas d'école, c'est uniquement les heures de vol. Ça fait partie de ces rares métiers que vous ne pouvez pas apprendre autrement qu'en le faisant. Je passe ma vie à tester mes vannes, je n'ai plus d'amis ! Il y a des vannes qui arrivent chez Ruquier, ça a été testé dix fois, quinze fois, ça veut dire qu'il y a peut-être cinq sketchs qui ont été abandonnés dans la semaine.
De Haut débit à Très haut débit puis Très très haut débit, que s'est-il passé ? Comment avez-vous fait évoluer votre spectacle ?
Jusqu'à Haut débit, je me cachais derrière un personnage en me disant : "Si c'est pas drôle, c'est pas moi, c'est le personnage qui n'est pas drôle." Après, j'ai dû faire une autothérapie. Je me suis dit qu'il fallait que je sois drôle moi-même donc j'ai commencé à écrire Haut débit. Je commence le spectacle en disant "Bonjour, je m'appelle Olivier de Benoist." C'est le one-man-show où j'ai décidé d'apparaître en tant qu'Olivier de Benoist et puis là , ça a été une écriture, une réécriture. Effectivement, Très très haut débit parce qu'il y avait un fond de spectacle qui était le même qu'avec Haut débit, des choses qui étaient identiques pour ne pas perdre les spectateurs en leur faisant croire que tout est nouveau. Ce spectacle est en mouvement permanent en fonction des nouveaux sketchs de chez Ruquier qu'on peut intégrer, des nouvelles vannes. C'est un spectacle qui n'arrête jamais d'évoluer.
On parle souvent de votre éducation stricte et religieuse. Pensez-vous qu'elle a influencé l'écriture de votre one-man-show ?
J'ai un côté gendre idéal qui me permet de dire des horreurs, c'est-à -dire que je peux aller très loin à partir du moment où j'ai un vocabulaire choisi. On me donnerait le Bon Dieu sans confession et ça, je le dois à cette éducation-là . J'ai six frères et pas de soeurs, j'étais dans une école non mixte, j'ai fait du scoutisme. La première fille que j'ai vue, c'était en quatrième dans mon livre de biologie ! A partir du moment où on a un rapport à la gent féminine qui est aussi particulier que ça... C'est vrai que j'en ai fait un spectacle parce que c'est très étonnant comme approche. C'est un spectacle qui parle de ma propre expérience. On fait rire avec ce qui nous amuse. Moi, c'est vrai que ça m'amuse beaucoup et c'est un sujet universel, une façon facile de toucher tout le public. J'adore que tout le monde rigole et c'est un sujet qui fait rire tout le monde. J'ai aussi intégré les meilleurs sketchs de chez Laurent Ruquier en rappel. Donc c'est un spectacle complet avec beaucoup de ruptures.
Propos recueillis par Audrey Bizouerne (Plurimedia) pour le compte d'Orange.