Vous avez rempilé sans hésiter pour une deuxième saison de Masterchef. En quoi le concept de l'émission vous séduit-il ?
Il y a trois raisons essentielles qui m'ont motivé. Il y a d'abord le désir de transmettre. De grands chefs m'ont formé, aidé... C'est à mon tour de donner. Je le fais dans mes cuisines. Je le fais aussi à travers Masterchef. Ensuite, il y a l'envie de lutter contre la malbouffe. Avec cette émission, je veux que les gens réalisent qu'on peut faire des choses délicieuses, facilement, avec des produits frais. Enfin, il y a l'envie de faire naître des vocations. Avant, personne ne voulait faire de la cuisine. C'était la voie de garage. Aujourd'hui, grâce à Masterchef et à d'autres émissions, les écoles hôtelières sont à nouveau pleines. Les jeunes rêvent de faire ce métier, et j'en suis très fier !
Vous n'êtes toutefois pas toujours très tendre avec les candidats...
Parce qu'il ne faut pas leur mentir. Le monde de la cuisine est très difficile. Ce n'est pas glamour d'ouvrir 50 kilos de saint-jacques avec les mains gelées à 6 heures du matin ! Or, c'est ça, la réalité de notre métier. Il ne suffit pas de se dire "la cuisine, c'est ma passion !" ou de mélanger un bout de pastèque avec de l'avocat pour devenir un chef. Il faut travailler, travailler, travailler. Je le répète tout le temps : la cuisine, c'est un métier. Ça s'apprend. Il y a des règles. Il faut les respecter. La créativité, ça vient plus tard.
Quelles qualités doit avoir un participant de Masterchef pour gagner l'émission ?
Masterchef est un concours. C'est très éprouvant. Les candidats enchaînent les épreuves, ils sont jugés... Comme pour n'importe quel concours, il faut qu'ils soient bons professionnellement, physiquement et mentalement.
Premier bilan de cette deuxième saison : les candidats de cette année sont-ils meilleurs ou moins bons que l'an passé ?
Pour moi, le niveau est le même. Comme l'année dernière, il y a deux types de candidats. Il y a ceux qui sont très bons dans la réalisation de plats classiques. Ce sont des mères de famille, des gens qui ont l'habitude de faire la popote à la maison. Eux vont exceller dans la préparation du petit salé ou du boeuf bourguignon. En revanche, ils vont être perdus dans les épreuves plus créatives. A l'inverse, certains vont sortir des plats extraordinaires sur l'épreuve de la boîte mystère, mais le lendemain, on va se rendre compte qu'ils ne savent même pas faire une tarte Tatin ! C'est bien, ça entretient le suspense ! Jusqu'au bout, on ne sait pas qui va l'emporter.
Gardez-vous des liens avec les anciens participants de l'émission ?
J'ai eu Virginie (saison 1) au téléphone il y a deux jours ! On se voit très régulièrement. Après l'émission, elle est venue travailler avec moi. Pendant le jeu, elle m'avait séduit par sa motivation, son sérieux, son réel désir de changer de vie. Ce n'est pas facile de tout plaquer pour commencer une nouvelle vie ! Je savais que Virginie était très déterminée. Après la fin des enregistrements officiels, je l'ai donc prise dans ma brigade. Aujourd'hui, elle a monté son concept de chef à domicile. Elle me demande souvent des conseils sur les plats qu'elle prépare. Et c'est avec un grand plaisir que je l'aide dans sa nouvelle activité.
Propos recueillis par Judith Rablat (Plurimedia) pour le compte d'Orange.