Vous animez Les Maternelles sur France 5 à la rentrée. Pourquoi avoir quitté Canal + après avoir passé plusieurs années sur la chaîne ?
J'étais très heureuse sur Canal, on m'avait accueillie à bras ouverts et on m'a laissée sortir avec des encouragements. J'ai eu beaucoup de chance. On m'a appelée pour animer Les Maternelles sur France 5 et j'ai trouvé que c'était un choix logique à faire, surtout que j'étais un peu fan de l'émission. J'étais superfière et étonnée qu'on m'appelle, j'ai pris ça comme un cadeau. J'ai fait une émission test, j'ai appris des choses, ça m'a semblé très naturel. France 5 n'est pas Canal +, et en même temps, si on regarde la grille de rentrée de France 5, tout est en mouvement ; France 5, c'est l'image de la connaissance, de la pédagogie, c'est vrai, mais c'est aussi très familial, comme ce que j'ai vécu à Canal. Donc pour l'instant je n'ai eu aucun choc (rires).
Quelles seront les grandes lignes du programme ? Quel sera votre rôle ?
Le plateau et le conducteur ont changé l'année dernière, l'émission marche très bien, je vais simplement élargir un peu plus les thématiques. Je vais faire un édito, donner des conseils car cela fait quelques années que je parle de gens, que je me mets en scène, etc. Je vais continuer à faire vivre cette superbe bande, j'ai envie qu'on s'amuse en fait. Nathalie Lebreton, qui fait partie de l'émission depuis dix ans, sera à mes côtés. Je me reposerai beaucoup sur elle car c'est la mémoire vivante des Maternelles. J'ai vraiment l'impression que je vais pouvoir avancer avec ce genre d'émission.
Passer de l'univers de la mode sur Canal à celui de la maternité, l'enfance dans Les Maternelles, c'est ce qu'on appelle se diversifier...
Comme je viens de la mode, on pense que j'ai parlé beaucoup de mode, mais, finalement, sur des chroniques d'une semaine, je n'en parlais pas tant que ça, et surtout j'étais censée parler de tout ce qui est mouvement, de ce qui est en avance. Et s'il y a bien un domaine dont je parlais au moins une fois par semaine, c'était celui de l'enfance et de l'adolescence, à différents niveaux. Et puis le thème des Maternelles évoque la femme, la famille avant tout, c'est un sujet tellement large ! A Canal, on m'a appris à être journaliste avant tout, donc je n'ai pas peur de me diversifier. Et puis j'ai un enfant de quatre ans, donc les thèmes abordés dans Les Maternelles m'intéressent forcément.
Vous avez dit un jour dans une interview que pour vous la télévision n'était pas une fin en soi. Qu'est-ce que vous aimeriez faire d'autre ?
Pour moi, la télé est un média comme un autre, du moment que tu as quelque chose à dire, que ce soit à la télé, dans une pièce de théâtre ou sur Internet, peu importe. Je n'ai pas été spécialement attirée par la télévision, c'est arrivé comme ça et imaginer faire autre chose ne me dérange pas, je n'ai pas besoin de mourir sur scène. En revanche, la télé est un média incroyable car elle touche tellement de gens et elle peut leur apporter quelque chose. Bosser à la télévision c'est être au service de l'autre, point. Ce n'est pas fait pour crâner. J'ai toujours bossé comme ça. Je faisais des chroniques pour rendre service. D'ailleurs, en général, quand les gens m'arrêtent dans la rue, c'est plus pour me demander un renseignement, un conseil, un site Internet que pour un autographe. C'est là où je me dis que la mission est réussie.
Auriez-vous aimé la mode si vous n'aviez pas eu une mère dessinatrice ?
Je ne sais pas du tout, j'ai vécu dans son atelier, j'ai dormi aux milieu de ses pinceaux pendant des années par manque de place à la maison, mais j'aime la mode parce que c'est du spectacle et que c'est drôle. Et moi, j'aime faire la fête, j'adore sortir. C'est surtout un état d'esprit général qui me plaît dans la mode finalement, j'aime quand ça bouge, quand les collections changent toutes les deux minutes. La télé c'est pareil, c'est immédiat. Je déteste la routine en fait. On n'a qu'une vie, il faut y aller à fond. C'est pour ça d'ailleurs que je n'ai pas été malheureuse de quitter Dior, ça faisait neuf ans qu'ils n'avaient pas vu une lettre de démission sur leur bureau.
Propos recueillis par Emeline Marceau (Plurimedia) pour le compte d'Orange.