2012, année faste pour Groland, qui fête ses vingt ans. Quels seront les moments forts ?
Toutes nos troupes, les 300 000 Grolandais qui ont leur passeport, seront mobilisées. En 2012, on va se remémorer ensemble nos vingt années lors de différents festivals : en mai, le festival de cinéma Grolux à Caen avec une programmation grolandaise, en juin, la deuxième édition de Satiradax à Dax puis le festival de Moustic à Bayonne qui s'appelle Black and Basque, avec une programmation plutôt musicale. Nous allons aussi faire des jumelages avec Clermont-Ferrand pendant le Festival du court-métrage, et en septembre, pour la date initiale des vingt ans, il y aura à Toulouse un grand festival avec toute la mise en scène grolandaise.
Une telle longévité, c'est plutôt rare en télévision...
Groland continue d'exister en dehors d'une émission de fiction, notamment à travers les festivals chaque année. Il y a des générations de Grolandais qui viennent nous voir en disant "continuez, continuez", les gens nous poussent. Et puis, à part Plus belle la vie, il n'y a plus grand-chose en fiction ! La dérision, le grotesque et le fond politique de Groland sont sans doute à l'origine de cette pérennité.
2012, c'est aussi une année d'élection présidentielle chez vos voisins les Français. Cela vous fait-il réfléchir à laisser un jour votre place ?
Non, jamais ! Les élections tombent un peu en même temps chez nous, mais je vais être réélu d'office car je suis le seul électeur. A moins que je ne me lève pas ce jour-là , je serai réélu forcément. Une année, j'étais candidat officiel grolandais contre les candidatures françaises mais ce n'était pas une bonne idée, le Groland doit rester un contre-pouvoir. En revanche, on soutient Christophe Alévêque qui se présente officiellement aux élections françaises, il est dans la mouvance grolandaise, si je puis dire.
Quels sont vos projets pour lutter contre la crise ?
Au Groland, il n'y a pas de crise ! L'Europe telle qu'elle est décrite, on n'en veut pas ! C'est un des thèmes des Producteurs de porcs qui vont sortir un disque dans lequel je vais chanter une chanson sur l'Europe. Les Producteurs de porc, ce sont eux déjà qui faisaient l'hymne grolandais d'après les Sex Pistols sur God Save the Queen.
Votre émission comporte de nombreuses personnes âgées. Ont-elles des réticences à jouer certaines scènes ?
Il faut plutôt les freiner qu'autre chose, en fait ! Nos petits vieux nous suivent et on les suit avec bonheur, ce sont eux qui nous poussent à la roue. Ils sont adorables bien que nous soyons quand même assez trash ! Politiquement, nous abordons souvent des sujets sociaux et ce sont les premiers à défendre ce genre d'initiative. C'est très agréable d'être soutenu par ces Grolandais. Il ne faut pas oublier que Groland ce n'est pas qu'une émission de divertissement.
Propos recueillis par Audrey Bizouerne (Plurimedia) pour le compte d'Orange.