Qu'est-ce qui vous a motivé à accepter de participer à l'émission Un monde six jeunes, car a priori il n'y aura qu'un seul rendez-vous ?
Il n'y aura qu'une émission, il n'y a pas vraiment de suspense. C'est le principe même de créer un événement, une soirée exceptionnelle. C'est une émission qui n'est pas conventionnelle, qui n'utilise pas les codes classiques. C'est une émission très atypique, et c'est ça qui m'a plu. Cela ne ressemble pas du tout à ce que j'ai fait précédemment et à ce que je fais le matin sur Europe 1, c'est aussi pour cela que j'ai accepté. Avant le tournage, je dois même reconnaître que j'avais une idée assez floue de l'émission et, à peine revenu, je peux dire que je suis très fier d'y avoir participé. Il s'est passé quelque chose pendant le tournage, et je suis très impatient qu'elle soit diffusée. Je trouve que France 2 a beaucoup d'audace, car ce serait plus facile de mettre une série.
Quel est le concept d'Un monde six jeunes ?
L'idée est d'essayer de comprendre pourquoi cette année 2011 a été si riche en bouleversements, en révolutions, en mobilisations, et pourquoi tous ces mouvements ont été initiés par la jeunesse. Il y a une succession d'événements qui a priori n'ont pas de liens mais, en fait, tout cela a un sens. C'est assez logique au fond et, pour expliquer tout ça, on a demandé à six jeunes français d'être nos ambassadeurs. À travers leur regard, on découvre le bouillonnement de cette année si particulière.
En détail, Un monde six jeunes, c'est un voyage de deux heures sans aucun moment de plateau dans un studio. Un voyage que l'on a fait dans un bus avec Rohan, Cissé, Romain, Diane, Anaïs et Gabriel pour aller à la rencontre des altermondialistes à Marseille, de Daniel Cohn-Bendit ou encore de Stéphane Hessel, qui est un peu le fil rouge de cette émission qui aurait pu s'appeler Génération indignée. Ce voyage a aussi permis de raconter l'expérience qu'ils ont vécue précédemment, puisque chacun d'entre eux a été envoyé dans un des points chauds de la planète : Libye, Maroc, Norvège, Espagne, Colombie, à la rencontre de ces jeunes qui se bougent.
Quel est l'objectif ?
Savoir où en est la jeunesse française, même si ce n'est pas un panel. Cela donne une idée de ce que les jeunes pensent aujourd'hui, de ce qu'ils ont envie de faire, de leurs déceptions aussi. Ce sont les enfants de la crise et c'est la première génération, celle née dans les années 1990, qui va avoir plus de difficultés à vivre que ses parents. Ils auront plus de difficultés à se loger, à avoir un bon salaire, à élever leurs enfants, à garder leur emploi. C'est un fait établi. L'indignation généralisée trouve ses racines dans ce constat que ces gamins vont avoir des difficultés à construire leur vie. Je les trouve très courageux, tous, d'avoir participé à une émission de télévision dans une société où on ne leur donne pas la parole. J'ai trouvé que leurs discours étaient très fins, vindicatifs mais jamais violents.
À la tête de la matinale sur Europe 1, avez-vous d'autres projets sur France 2 ?
On en discuté. On a un projet très avancé, qui sera officialisé dans quelques semaines, qui me permettra de revenir à l'antenne cet hiver et au printemps. Ce sera un magazine centré sur le thème du pouvoir sous toutes ses formes. On va raconter les coulisses ou les secrets du pouvoir, qu'il soit politique, sportif, médiatique... Sinon, mon objectif principal cette année est de me concentrer sur Europe 1. C'est vrai que j'avais envie de mettre la télé entre parenthèses. Mais j'ai eu la chance que l'on me propose des projets intéressants auxquels j'ai répondu favorablement. Europe 1, c'est une radio qui me faisait rêver depuis longtemps et, aujourd'hui, je suis comblé. D'autant plus en cette année présidentielle.
Qu'est-ce qui vous indigne ?
Sans tomber dans le cliché et le lieu commun, je crois que ce qui m'indigne le plus c'est la pauvreté en France. C'est un pays riche et il y a 8 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Je trouve ça aberrant et choquant. Tout le monde est contre la pauvreté donc ça peut paraître bête, mais je ne comprends pas que l'on ne parvienne pas à atténuer le problème. J'espère que ce sera un des sujets importants de la campagne, il faudra bousculer les politiques.
Propos recueillis par Emmanuelle Dreyfus (Plurimedia) pour le compte d'Orange.