Avez-vous hésité à quitter W9 ?
J'avais en tête de me lancer un nouveau défi et j'avais déjà informé la chaîne de mes intentions de bouger si des projets intéressants me parvenaient. Cependant, j'étais très bien sur W9 depuis presque cinq ans, avec la chance d'avoir présenté de nombreuses émissions et d'avoir comme interlocuteur Frédéric de Vincelles, le directeur général, qui est quelqu'un qui aime les programmes et qui aime les animateurs. C'est rare aujourd'hui, donc c'est important de le signaler. J'avais la possibilité de faire deux ou trois petites choses sur d'autres chaînes que France 2, mais les projets étaient moins excitants.
Pourquoi Sing-Off vous a-t-il séduit ?
Quand Nathalie André, directrice des divertissements de France 2, et Laurence Jomand de Starling vous proposent éventuellement de rejoindre les rangs de France 2 pour quatre émissions, on y réfléchit tout de même. Logiquement, on joue la sécurité, mais j'ai décidé de prendre des risques, car c'est vraiment le style d'émission que j'ai envie d'animer. Ce qui m'a plu, c'est cette mécanique assez lourde, des cinq cents personnes sur le plateau, ce gros barnum à animer et l'originalité de l'a cappella. Je préfère faire ces quatre émissions que de repartir une année pour lancer des plateaux. C'est très bien, mais j'avais envie de changement. Je ne pars pas de W9 pour aller animer la même chose sur une autre chaîne de la TNT.
Il semblerait que les télé-crochets ne rencontrent plus de succès, qu'est-ce qui peut faire la différence avec Sing-Off ?
Je cumule les difficultés : c'est un prime, le samedi soir et en plus un télé-crochet ! Mais la différence, c'est que Sing-Off est sur quatre semaines et non douze, qu'il n'y a pas les codes de la télé-réalité. On n'entre pas du tout dans l'intimité des candidats, les castings ne sont pas filmés, ils ne vivent pas tous ensemble. Et puis, je pense que c'est aussi un renouvellement des variétés, et le jury ne sera pas là pour casser. Aux États-Unis, ça cartonne, mais cela ne veut pas dire qu'en France cela va fonctionner. C'est un pari de faire une émission mettant en compétition des formations qui chantent a cappella.
À quoi ressemblent ces groupes ?
Il y a huit groupes de cinq à vingt personnes. Mais ce ne sont pas pour autant des chorales, il y aura du beat box pour donner du rythme. Tout comme les membres du jury, Michel Jonasz, Tina Arena et Soprano, c'est éclectique. C'est la volonté aussi que l'on ne se raconte pas d'histoires. Une volonté d'avoir des âges différents, le plus jeune a vingt ans, le plus vieux soixante ans, des looks différents puisqu'on va avoir affaire à des groupes B.C.B.G., dans la mode actuelle ou totalement trash. Musicalement, il y aura des reprises de chansons françaises et internationales, des chansons imposées et d'autres de leur choix. Pour la détente, il y aura des duos de groupes et aussi des membres du jury qui iront chanter avec eux. Un des groupes chante des chansons françaises traditionnelles. Sur le papier, ça ne fait pas rêver mais, dans les faits, ça envoie. On va avoir affaire à de vrais profils et de vraies personnalités.
À part la musique, quel genre d'émissions aimeriez-vous animer ?
Je ne vais pas m'éparpiller. On ne m'a pas demandé de présenter le 13 h ou le 20 h de France 2. Ils ont bien fait, je connais mes limites. Je sais quel type d'émissions je peux animer. Mon créneau, c'est essentiellement le divertissement, je ne suis pas du tout journaliste. Si Sing-Off marche, j'espère qu'il y aura d'autres rendez-vous. J'aimerais bien relancer un jeu façon Que le meilleur gagne, cela m'excite, ou faire une sorte de petit talk-show à la Nulle part ailleurs. Ce sont trois formes d'animation différentes qui me plaisent. Une chose est sûre, je m'amuse dans ce que je fais, je ne fais rien par défaut. Quand je me lève à 3 h du matin pour aller animer la matinale sur RTL, je suis content !
Propos recueillis par Emmanuelle Dreyfus (Plurimedia) pour le compte d'Orange.